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Les Poches de l’Eté ! Dans la valise du Bélier


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Berezina, Sylvain Tesson Folio 6105 , 7,10 €

Prix des Hussards, Meilleur livre de voyage 2015 du magazine Lire, Prix Littéraire de l’Armée de Terre, Erwan Bergot 2015

Le Pitch

« Il y a deux siècles,  des mecs rêvaient d’autre chose que de haut-débit. Ils étaient prêts à mourir pour voir scintiller les bulbes de Moscou ». Fou d’aventure, d’exploit et de solitude, Sylvain Tesson nous emmène sur les routes des Grognards, soldats victimes de la mégalomanie de leur chef adoré, d’un rêve de gloire transformé en affreuse débandade. Pour célébrer le bicentenaire de la sinistre Bérezina, Sylvain Tesson retourne en Russie pour nous faire vivre le retour épique  et tragique de la Grande Armée. Paradoxe de l’histoire, Napoléon détruit son armée, entame sa chute, alors qu’il n’a subit aucune défaite militaire. La ruse des généraux Russes jouent habillement la fuite et l’esquive et piègent cette armée sans défaite qui signe sa perte par manque de clairvoyance et de préparation logistique. En side-car Oural flanqué de 3 acolytes franco-russes, Sylvain Tesson nous conte avec brio les 4000 km de la retraite de la Grande Armée. Bravant le froid, le blizzard, les camions, les routes slaves, nos quatre compères tentent d’appréhender dans des conditions difficiles, mais 100 fois plus confortables que celles des soldats napoléoniens, l’enfer de la retraite de 1812, l’occasion pour l’auteur de méditer sur le monde contemporain, sur notre rapport au confort, à la souffrance et à l’individualisme.  L’épopée est superbe, les références et les témoignages historiques passionnants, la plume incisive et sublime. En plein été, cela fait drôle de frôler les -20 ° degrés, mais quelle calque ! Cela ne fait pas de mal de sortir de la torpeur estivale et du farniente  par le biais de ce récit passionnant. Un coup de fouet qui a toutes les chances de séduire l’âme guerrière et aventurière du Bélier.

 

La  Symbolique Bélier

Gouverné par Mars le dieu de la guerre, le raccourci est facile à faire pour dénicher la symbolique Bélier au fil de ces pages. Et pourtant,  ce n’est pas la seule motivation qui me pousse à conseiller ce livre au premier signe du Zodiaque. La flamboyance de la plume de Sylvain Tesson (Mercure en Bélier), vive et percutante, incarne la réactivité, la brutalité et l’authenticité du Bélier. Une personnalité qui ne mâche pas ses mots, qui va droit au but, qui appelle un chat un chat, mais qui derrière une assurance affichée sans complexe cache un esprit en proie au doute, à la peur de mourir ou de passer à côté de sa vie. Le texte de Sylvain Tesson,  écrivain imprégné par la fulgurance et l’urgence de son Mercure Bélier, parle à la force vitale du Bélier, touche de sa pointe aiguisée ses désirs et ses peurs. Le récit de cette épopée tragique, la geste héroïque séduit le tempérament du Bélier. Mais du delà de l’hommage et de la touche historique, le Bélier y trouve une expérience individuelle et collective puissante qui force son respect et son admiration. Voici quelques extraits qui illustrent le désenchantement d’un Bélier face à ses rêves de conquêtes et de gloire individuelle, une sorte de miroir en creux qui nous dresse le portrait des rêves déçus d’un Bélier quand ils  les regardent  par le prisme de l’histoire.

Extraits

« Ici, c’est un haut lieu, vois-tu. Qu’est ce qu’un haut lieu ? dis-je

Un haut lieu, c’est un arpent de géographie fécondé par les larmes de l’Histoire, un morceau de territoire sacralisé par une geste, maudit par une tragédie, un terrain qui, par-delà les siècles, continue d’irradier l’écho des souffrances tues ou des gloires passées. C’est un paysage béni par les larmes et le sang. (…) Ici, il y a une telle intensité de tragédie en un si court épisode de temps que la géographie ne s’en est pas remise. »

« Alanguis dans la mangrove du confort, pouvions-nous comprendre ces spectres de 1812 ? Pouvions-nous vibrer des mêmes élans, accepter les mêmes sacrifices ? Les comprendre seulement ? Les Trente Glorieuses avaient servi à cela : nous aménager des paradis familiers, des bonheurs domestiques, des jouissances privées. Nous permettre d’avoir beaucoup à perdre. (…)

Et puis nous étions devenus des individus. Et dans notre monde, l’individu n’acceptait le sacrifice que pour d’autres individus de son choix : les siens, ses proches -quelques amis peut-être. Les seules guerres envisageables consistaient à défendre nos biens.  (…) Il faut dire que le XXème siècle était passé  et sa hideur nous tenait en effroi. C’était cela qui nous séparait des Grognards. Nous savions que Verdun et Stalingrad, Buchenwald et Hiroshima avaient déchu l’Homme et nous étions harassés. Désormais, l’évocation de la conquête sonnait comme une absurdité »

 

Le Bélier a aimé, ils vont aimer aussi

Le Sagittaire pour la beauté du geste et la quête d’aventure

« Lors de mes traversée de l’Himalaya, du Gobi, du Tiber ou de l’Anatolie, je me sentais projeté vers mon but. Je marchais hypnotisé par l’objectif et ne me serais par du tout vu musarder au grès du vent. » Cette phrase illustre à merveille l’essence du Sagittaire, un être qui s’épanouit en suivant une boussole la plus lointaine possible. Le Sagittaire adore les récits de voyage. Dans ce livre, il cumule les plaisirs, la description d’une géographie, la puissance de l’Histoire en marche et la plume percutante d’un auteur habité par son expérience et son projet.

Le Lion pour le récit d’une gloire brisée, pour l’héroïsme démesuré  et tragique des hommes happés par l’Histoire

Un récit qui décrit aussi les  symptômes pathologiques du Lion Napoléon, un Lion qui ne sait pas mettre un frein à son ambition, un Lion addict à la gloire, au Je avec un grand J. Napoléon incarne à la fois les fulgurances du Lion et ses pires défauts. Le Lion aimera méditer sur la chute et la gloire de l’un de ses plus célèbres congénères.